Le terrassement d’infrastructures routières, sous l’impulsion des maitres d’ouvrages. est en pleine mutation. Traditionnellement régis par des contraintes techniques et économiques, les problématiques environnementales, sous l’impulsion des réflexions du grenelle de l’environnement s’invitent au rang des priorités pour l’attribution des exécutants de travaux.
La recherche dans le secteur du BTP cherche à obtenir des bases de données adaptées aux spécificités de ce secteur de la construction. Le mode de fonctionnement d’un chantier de terrassement axe les problématiques sur d’autres thématiques que les domaines moteurs dans ce domaine (chaussées, centrales d’enrobés...). En effet, les consommations de carburant et les émissions gazeuses inhérentes au fonctionnement d’un moteur a explosion représentent une part beaucoup plus importante que dans d’autres secteurs. A un litre consommé par mètre cube de matériau déplacé, les impacts environnementaux ne sont pas négligeables compte tenus des volumes de terre déplacés.
La première problématique a consisté a trouver un mode de découpage de l’activité du terrassement afin d’imputer les consommations à chacune des tâches élémentaires du chantier, et ainsi mettre en relief leur importance relative. Une bonne connaissance professionnelle de cette activité a permis de proposer la modélisation fine d’un terrassement en tâches élémentaires. La seconde problématique a consisté à construire une base de données des consommations et des
émissions des engins de terrassement. A ce sujet, la littérature scientifique est pauvre et se base essentiellement sur les modelés établis pour le domaine des poids lourds routiers, et sur des émissions théoriques à partir d’équation de combustion. Le mode d’usage spécifique des engins ne permet pas de se contenter de ces données pour établir une émission représentative d’un cycle de conduite qui doit être pris en compte également du fait de la diversité des taches
élémentaires. La troisième problématique consiste donc mettre au point une méthodologie de mesure qui permet d’obtenir les émissions des principaux polluants réglementés en conditions réelles d’utilisation des engins. Cette méthodologie de mesure regroupe la mise au point d’un protocole expérimental permettant de justifier de la représentativité des mesures, et aussi d’effectuer l’adaptation d’appareils de mesures non destinés à cet usage pour permettre de répondre aux conditions
expérimentales extrêmes. Le traitement de ces données correspond a la quatrième problématique permettant de développer une base de données établissant une première réalisation dans ce domaine, certes limitée dans son exhaustivité par les moyens techniques et la durée de l’expérimentation dans le cadre d’une thèse. Finalement, l’obtention
de ces premiers résultats, et la construction d’un outil de calcul adaptés aux besoins de l’entreprise de terrassement ouvrent une opportunité d’approfondir ces résultats afin de les généraliser, avec en conclusion une ébauche de coopération future avec les constructeurs d’engins, jusqu’ici réticents pour ces genre de partenariat.

- CAPONY_Pub et résumé